Les aides panneaux solaires sont l'ensemble des dispositifs publics qui abaissent le coût d'une installation photovoltaïque ou solaire thermique et sécurisent le revenu tiré des kWh produits. En 2026, elles reposent sur l'obligation d'achat du surplus à un tarif garanti sur vingt ans, un taux de TVA de 5,5 % sur les installations de 9 kWc au plus et les aides locales des collectivités ; la prime à l'autoconsommation versée par EDF OA ne concerne plus que les demandes de raccordement déposées avant le 5 juin 2026. Aucune ne se cumule à l'aveugle : chaque aide impose une puissance, un logement et des panneaux posés par un installateur reconnu garant de l'environnement.
Panneaux solaires : ce qui reste aidé en 2026
- La prime à l'autoconsommation, réservée aux panneaux posés par un professionnel certifié RGE avec revente du surplus, est fermée aux demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026.
- MaPrimeRénov' ne finance pas le photovoltaïque, mais le solaire thermique : chauffe-eau solaire et système solaire combiné.
- La TVA à 5,5 % s'applique aux installations de 9 kWc au plus, avec des panneaux conformes aux critères de bilan carbone, et la vente du surplus reste garantie vingt ans.
- Les aides publiques ne couvrent jamais la totalité du coût : le reste dépend du besoin annuel en kWh du foyer et se finance par un crédit vert ou un éco-prêt.
Qu'est-ce qui a changé pour les aides aux panneaux solaires entre 2025 et 2026 ?
Deux décisions ont modifié le montant des aides pour installer des panneaux solaires photovoltaïques et la rentabilité de l'autoconsommation d'électricité. La première date du 1er octobre 2025 : le taux réduit de TVA applicable à l'installation photovoltaïque d'un particulier est passé à 5,5 %, mais seulement pour les installations d'une puissance inférieure ou égale à 9 kWc et équipées de matériel conforme à des exigences de bilan carbone et d'écoconception. L'ancien taux intermédiaire, réservé aux petites installations de 3 kWc, a disparu avec cette réforme. La seconde décision est l'arrêté du 1er juin 2026, qui a mis fin à la prime à l'autoconsommation : depuis le 5 juin 2026, une demande de raccordement déposée pour une nouvelle installation ne donne plus droit à ce versement.
Pour un particulier, la conséquence est simple à formuler. Il n'existe plus de subvention directe de l'État, versée en numéraire, pour poser des panneaux solaires photovoltaïques sur sa toiture. Le soutien public passe désormais par trois canaux : une fiscalité allégée à l'achat (la TVA), un revenu garanti sur l'électricité injectée sur le réseau (l'obligation d'achat) et, pour le seul solaire thermique, les aides à la rénovation énergétique. Les ménages dont le dossier de raccordement était complet avant le 5 juin 2026 continuent de percevoir la prime selon le calendrier prévu : leur droit n'est pas remis en cause. Le détail de ce calendrier et des tranches de versement figure dans notre page consacrée à la prime autoconsommation et à sa suppression.
Ce basculement modifie la manière de lire un devis. Un commercial qui annonce encore une « prime de l'État » déduite du prix, pour un dossier déposé après juin 2026, décrit une aide qui n'existe plus. L'argument est fréquent dans le démarchage à domicile : la vérification se fait en demandant la référence exacte du dispositif, puis en la contrôlant sur le site du service public de l'économie ou auprès d'un conseiller France Rénov'.
Quelles aides sont disponibles pour un projet solaire en 2026
Le paysage des aides panneaux solaires s'est simplifié depuis plusieurs années, au prix d'une séparation nette entre deux familles d'équipement. D'un côté, le solaire photovoltaïque produit de l'électricité et relève d'un régime propre, piloté par l'État et par le gestionnaire du réseau de distribution. De l'autre, le solaire thermique produit de la chaleur ou de l'eau chaude sanitaire et rejoint le régime général de la rénovation énergétique, avec MaPrimeRénov', les certificats d'économie d'énergie et l'éco-prêt à taux zéro.
L'unité qui sert de référence à toutes les aides du photovoltaïque est le kilowatt-crête, ou kWc : elle mesure la puissance de l'installation dans des conditions d'ensoleillement standard, et non l'énergie réellement produite. Un panneau solaire du marché délivre en général une fraction de kWc, si bien qu'une installation domestique combine plusieurs modules sur le même toit pour atteindre la puissance choisie.
Cette frontière entre les deux technologies explique la majorité des refus de dossier. Un ménage qui installe des panneaux solaires photovoltaïques sur sa toiture n'obtiendra pas de subvention MaPrimeRénov', quelle que soit sa catégorie de revenu, mais il peut prétendre à la vente du surplus et, si sa demande de raccordement était complète avant le 5 juin 2026, à la prime à l'autoconsommation. À l'inverse, un chauffe-eau solaire ouvre droit à une aide de l'État calculée sur les ressources du foyer, sans aucune prime liée à la production d'électricité.
Le calcul de départ est donc toujours le même : savoir ce que les panneaux vont produire, en kWh sur une année moyenne, et quelle part de ce volume va réduire la facture plutôt que partir sur le réseau électrique. Un foyer qui installe des panneaux solaires sans avoir estimé ce besoin choisit presque toujours une puissance inadaptée, et aucune aide ne rattrape un surdimensionnement.
Un troisième niveau s'ajoute aux dispositifs nationaux : les aides locales. Régions, départements, intercommunalités et parfois communes votent leurs propres subventions, souvent sous forme forfaitaire, parfois réservées aux ménages aux revenus modestes. Elles se cumulent presque toujours avec les aides nationales, à condition de déposer la demande avant la signature du devis. C'est la règle la plus souvent oubliée, et elle est irrattrapable.
Enfin, la fiscalité constitue une aide indirecte mais déterminante. Le taux de TVA réduit sur les installations résidentielles, l'exonération d'impôt sur les revenus tirés de la vente du surplus pour les petites puissances et l'absence de taxe foncière supplémentaire sur un équipement posé en surimposition forment un ensemble qui pèse désormais plus lourd que toute prime sur la rentabilité du projet.
La prime à l'autoconsommation, pour les dossiers déposés avant le 5 juin 2026
L'arrêté du 1er juin 2026 a mis fin à cette prime : une demande de raccordement déposée depuis le 5 juin 2026 n'y ouvre plus droit. Les règles qui suivent restent celles des installations dont le dossier était complet avant cette date, et ces ménages la perçoivent selon le calendrier prévu.
La prime à l'autoconsommation est une subvention versée par EDF OA, l'entité d'EDF chargée de l'obligation d'achat, à tout particulier qui installe des panneaux solaires photovoltaïques pour sa propre consommation et revend le surplus. Elle n'est pas une aide à la pose : elle rémunère le choix de consommer sur place l'énergie produite plutôt que de l'injecter intégralement sur le réseau.
Son fonctionnement est automatique, ce qui la distingue des autres aides. Aucun dossier n'est à constituer auprès d'un organisme : c'est l'installateur qui déclare l'installation, et le contrat d'achat signé avec EDF OA après la mise en service déclenche le versement. Depuis la réforme du calendrier de paiement, la prime est versée en une seule fois lors de la première facturation annuelle, et non plus étalée sur cinq années comme dans le régime précédent.
Comment le montant de la prime est calculé
Le montant de la prime suit un barème exprimé en euros par kWc de puissance installée, fixé par arrêté tarifaire et révisé chaque trimestre par la Commission de régulation de l'énergie. Ce barème est dégressif à double titre : il baisse par palier de puissance, une installation de faible puissance étant mieux soutenue au kWc qu'une grande, et il diminue dans le temps à mesure que le coût des équipements recule. Un projet dont la mise en service glisse d'un trimestre à l'autre est donc calculé sur le barème en vigueur à cette date, pas sur celui affiché au moment du devis.
La puissance de l'installation est le seul critère de calcul. Ni le revenu du foyer, ni la surface du logement, ni la région n'entrent dans l'équation. Cette neutralité rend la prime prévisible, mais elle signifie aussi qu'un ménage modeste ne bénéficie d'aucune majoration, contrairement à ce qui existe sur les autres travaux de rénovation.
Les conditions à respecter pour y prétendre
Quatre conditions cumulatives conditionnent l'éligibilité. La pose doit être réalisée par un installateur reconnu garant de l'environnement, titulaire de la qualification photovoltaïque. Les panneaux doivent être intégrés au bâti ou posés en surimposition sur une toiture, un mur ou une structure fixe, ce qui exclut les systèmes au sol dans la plupart des cas. L'installation doit rester sous le plafond de puissance prévu pour les particuliers. Enfin, un contrat d'obligation d'achat doit être signé : une installation en autoconsommation totale, sans vente du surplus, ne donne droit à aucune prime.
Obligation d'achat et vente du surplus : un revenu garanti sur vingt ans
L'obligation d'achat impose à EDF, ou à un autre fournisseur agréé, de racheter l'électricité que le producteur n'a pas consommée, à un tarif d'achat fixé par arrêté et garanti pendant vingt ans à compter de la mise en service. Ce tarif de rachat est verrouillé à la date de la demande complète de raccordement : il ne suit ni l'inflation du prix de l'électricité, ni les baisses ultérieures du barème. Cette stabilité est le principal atout financier d'un projet solaire, bien davantage que la prime versée au départ.
Concrètement, le producteur consomme en direct l'énergie solaire produite par ses panneaux, puis injecte le reste. Chaque kWh injecté est relevé par le compteur communicant et facturé une fois par an à EDF OA. Le taux d'autoconsommation, c'est-à-dire la part de la production réellement consommée sur place, détermine l'équilibre entre l'économie sur la facture et le revenu de la vente. Déplacer les usages lourds vers les heures ensoleillées, chauffer l'eau chaude sanitaire en milieu de journée ou piloter une pompe à chaleur en fonction de la production améliore ce taux sans investissement supplémentaire. Chaque kWh autoconsommé vaut mécaniquement plus qu'un kWh vendu, puisqu'il évite un achat au prix de détail alors que le surplus est racheté au tarif du contrat.
La vente du surplus se distingue de la vente en totalité, un régime différent où l'intégralité de la production est injectée à un tarif plus élevé, sans aucune économie sur la facture et sans prime à l'autoconsommation. Le détail des contrats, des seuils de puissance et des démarches de raccordement est traité dans notre page consacrée à la revente d'électricité à EDF OA, qui compare les deux formules sur la durée du contrat.
TVA réduite et fiscalité de l'électricité produite
Le taux de TVA applicable aux travaux dépend de la puissance de l'installation solaire. Les installations résidentielles de faible puissance bénéficient d'un taux réduit sur la fourniture et la pose, le taux plein s'appliquant au-delà du seuil. Depuis le 1er octobre 2025, le taux de 5,5 % vaut pour les installations de 9 kWc au plus équipées de matériel conforme aux exigences de bilan carbone et d'écoconception ; l'ancien taux intermédiaire, limité aux installations de 3 kWc, a disparu. La condition d'ancienneté du logement, au moins deux ans achevés, reste exigée comme pour tout travail de rénovation.
La TVA réduite n'est pas une aide à demander : elle s'applique directement sur le devis, à condition que l'entreprise fournisse et pose l'équipement. Acheter soi-même les panneaux pour les faire poser ensuite fait perdre le bénéfice du taux réduit sur le matériel, erreur fréquente chez les particuliers tentés par l'achat en ligne. Le même mécanisme vaut pour les autres travaux d'économies d'énergie, détaillé dans notre dossier sur les travaux éligibles au taux réduit.
Côté impôt, les revenus tirés de la vente du surplus sont exonérés lorsque trois critères sont réunis : une puissance de 3 kWc au plus, un raccordement limité à deux points de livraison au plus, et un usage non professionnel de l'équipement. Au-delà, les recettes deviennent imposables dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, avec le régime micro applicable en dessous du plafond de chiffre d'affaires. L'article du code qui fixe ce seuil est également celui qui définit l'usage non professionnel, et une installation domestique classique reste presque toujours dans le champ de l'exonération.
MaPrimeRénov', CEE et coup de pouce : ce qui s'applique au solaire thermique
Les panneaux solaires thermiques suivent un régime radicalement différent. Un chauffe-eau solaire individuel ou un système solaire combiné, qui couvre à la fois l'eau chaude sanitaire et une partie du chauffage, entre dans le champ de MaPrimeRénov'. Le montant de la subvention dépend alors de la catégorie de revenu du ménage, avec une aide majorée pour les foyers modestes et très modestes, et une aide plus faible pour les ménages aux ressources supérieures.
Les certificats d'économie d'énergie constituent la seconde source de financement de ces équipements. La prime CEE, versée par un fournisseur d'énergie ou un délégataire, récompense les économies d'énergie générées par le remplacement d'un système de production de chaleur. Elle se cumule avec MaPrimeRénov' et se négocie : les offres varient sensiblement d'un obligé à l'autre, pour des travaux identiques. Le mécanisme complet est décrit dans notre page sur le fonctionnement des certificats d'économie d'énergie.
Le cadre technique de ces aides évolue par arrêté, et seul le barème en vigueur à la date de l'engagement fait foi : une revalorisation votée en octobre ne s'applique pas à un dossier déposé au printemps. Les travaux d'isolation, le remplacement d'une chaudière ancienne ou la pose de fenêtres performantes obéissent au même principe, dans le plan global de rénovation défini par la loi.
Le coup de pouce chauffage renforce ponctuellement ces primes pour certains équipements, notamment le remplacement d'une chaudière fioul ou gaz par un système utilisant une énergie renouvelable. Une pompe à chaleur, un chauffe-eau solaire ou une chaudière biomasse peuvent ainsi cumuler prime CEE, coup de pouce et aide de l'État. Le solaire photovoltaïque, qui produit de l'électricité et non de la chaleur, reste hors de ce dispositif : aucune prime énergie ne le concerne.
Aides locales : régions, départements et collectivités
Au-delà des dispositifs nationaux, de nombreuses collectivités soutiennent l'installation de panneaux solaires sur leur territoire. Les formes varient : subvention forfaitaire par projet, aide proportionnelle à la puissance installée, bonus réservé aux ménages sous plafond de ressources, ou prise en charge partielle de l'audit préalable. Certaines régions réservent leur aide au solaire thermique, d'autres soutiennent indifféremment les deux technologies.
Deux règles reviennent systématiquement dans les règlements d'attribution. La demande doit être déposée avant tout engagement de travaux, signature de devis comprise : une aide locale ne se rattrape jamais après coup. Et l'entreprise doit être certifiée, parfois avec une exigence d'implantation régionale. Le service public de la rénovation de l'habitat, joignable par le réseau France Rénov', recense sur son site les dispositifs applicables à une adresse donnée et propose un conseil gratuit avant le dépôt du dossier. C'est le moyen le plus sûr d'obtenir la liste à jour, car les enveloppes régionales se ferment en cours d'année une fois consommées.
Les copropriétés disposent d'un régime propre, avec des aides collectives distinctes de celles des propriétaires individuels. Une installation partagée entre plusieurs logements relève de l'autoconsommation collective, un montage dont les modalités juridiques et financières sont détaillées dans notre page dédiée à l'énergie solaire partagée entre voisins.
Conditions d'éligibilité : puissance, logement et professionnel certifié
Quel que soit le dispositif visé, trois familles de conditions reviennent. La première porte sur l'équipement lui-même : puissance maximale, type de pose, performance minimale des capteurs pour le solaire thermique, conformité des onduleurs aux normes de raccordement au réseau de distribution. La deuxième porte sur le logement : résidence principale ou secondaire selon l'aide, ancienneté minimale, statut de propriétaire occupant ou bailleur.
La troisième condition est la plus discriminante : le recours à un artisan reconnu garant de l'environnement. Cette qualification, délivrée pour une durée limitée et contrôlée par des audits de chantier, conditionne l'accès à la quasi-totalité des aides publiques. Un installateur dont la certification a expiré entre le devis et la pose fait perdre au client le bénéfice de la subvention, sans recours. Pour le client, l'avantage fiscal comme la prime disparaissent d'un coup, sans réduction partielle. Vérifier la validité de la qualification à la date de signature est donc nécessaire, et nos conseils pour choisir un professionnel reconnu garant de l'environnement détaillent les points à contrôler.
Les critères de ressources n'interviennent que sur les aides liées à la rénovation énergétique. Ils reposent sur le revenu fiscal de référence du foyer et sur le nombre de personnes qui composent le ménage, avec un barème distinct pour l'Île-de-France et pour les autres régions. Un ménage modeste bénéficie d'un taux de prise en charge supérieur, mais aussi de l'avance de frais dans certains parcours accompagnés. À propos des panneaux photovoltaïques, en revanche, aucune de ces grilles ne s'applique : seule la puissance compte, pour la TVA comme pour le tarif de rachat.
Déposer sa demande : l'ordre des démarches
L'ordre des étapes détermine l'éligibilité, bien plus que la qualité du dossier. Une demande d'aide déposée après le début des travaux est rejetée sans examen, quelle que soit la conformité du reste. Ce guide des démarches ne remplace pas l'information officielle, mais il évite l'erreur d'ordre la plus coûteuse. Le déroulé type d'un projet solaire photovoltaïque suit cinq étapes.
- Étude et devis. Un professionnel certifié dimensionne l'installation en fonction de la consommation annuelle du foyer, de l'orientation et de l'inclinaison de la toiture. Une simulation gratuite de production, exprimée en kWh sur une année moyenne, doit figurer au devis, panneaux par panneaux lorsque la toiture présente plusieurs pans.
- Déclaration préalable en mairie. Toute modification de l'aspect extérieur d'un bâtiment exige une déclaration, avec un délai d'instruction allongé en secteur protégé.
- Demande de raccordement. Adressée au gestionnaire du réseau de distribution, elle fixe la date qui verrouille le tarif d'achat pour les vingt années de contrat.
- Pose et attestation de conformité. Le chantier est réalisé, puis l'attestation est visée par l'organisme de contrôle des installations électriques, sans lequel le raccordement au réseau électrique ne peut pas être activé.
- Mise en service et contrat. Le raccordement effectif déclenche la signature du contrat d'obligation d'achat, qui verrouille le tarif de rachat du surplus (et, pour un dossier déposé avant le 5 juin 2026, déclenche le versement de la prime).
Pour les équipements relevant de la rénovation énergétique, l'ordre diffère : la demande de subvention se dépose en amont, sur la plateforme de l'agence nationale de l'habitat, et l'accord doit être notifié avant le lancement du chantier. La prime CEE, elle, se réserve auprès du fournisseur avant la signature du devis, sous peine de perdre le bénéfice de l'offre. Prendre contact avec la personne qui instruit le dossier, puis simuler l'aide attendue avant d'arrêter la puissance de l'installation, reste la façon la plus simple d'éviter un dimensionnement que le budget ne suivra pas.
Sans prime, investir dans le photovoltaïque reste-t-il rentable ?
La suppression de la prime à l'autoconsommation allonge mécaniquement le délai de retour sur investissement, mais elle ne l'annule pas. La rentabilité d'une installation solaire photovoltaïque dépend désormais d'abord de trois paramètres : le taux d'autoconsommation, le prix de l'électricité achetée au réseau et le coût de l'installation après TVA.
Le taux d'autoconsommation mesure la part de la production réellement consommée sur place. C'est le levier principal. Un foyer présent en journée, équipé d'un chauffe-eau électrique piloté, d'une pompe à chaleur ou d'un véhicule électrique rechargé à midi, consomme une grande partie de ce qu'il produit : chaque kWh ainsi utilisé vaut le prix complet du kWh acheté, taxes et abonnement proportionnel compris. À l'inverse, un foyer absent de 8 heures à 19 heures injecte l'essentiel de sa production sur le réseau, à un tarif de rachat bien plus bas, et la rentabilité s'en ressent.
Le prix de l'électricité a fortement augmenté depuis 2022, ce qui a renforcé l'intérêt de l'autoconsommation. Depuis le 1er août 2025, la TVA sur la part abonnement des contrats d'électricité est passée à 20 %, ce qui alourdit encore la facture des ménages. Personne ne connaît l'évolution des prix sur vingt ans, mais un calcul prudent retient une hausse modérée plutôt qu'une stabilité, sans extrapoler les hausses exceptionnelles de 2022 et 2023.
Le coût de l'installation varie avec la puissance, la complexité de la toiture, la marque des panneaux et de l'onduleur, et la concurrence locale entre installateurs. Plutôt que de retenir un chiffre moyen, il vaut mieux comparer trois devis détaillés et calculer, pour chacun, un coût par kWc installé. Un écart important entre les offres signale souvent une différence de matériel ou de prestation, rarement une affaire.
La batterie de stockage mérite un calcul séparé. Elle augmente le taux d'autoconsommation en déplaçant la production de midi vers la soirée, mais son prix, sa durée de vie et ses pertes de rendement pèsent lourd. Pour la plupart des foyers, elle ne se justifie qu'avec une consommation du soir élevée et une installation déjà bien dimensionnée. Notre analyse de la batterie de stockage solaire et de son seuil de rentabilité compare les deux scénarios.
Démarchage et offres « à un euro » : repérer les promesses trompeuses
La fin de la prime a aussi un effet sur les pratiques commerciales. Les offres de panneaux solaires « gratuits » ou « à un euro », qui promettent que les aides et la revente couvriront intégralement le coût, reposent presque toujours sur un crédit affecté signé dans la foulée, dont le remboursement dépasse les économies réelles. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique suppose le consentement préalable de la personne appelée : un appel non sollicité pour vendre une installation solaire est donc irrégulier en lui-même.
Quelques réflexes protègent le particulier. Aucune aide de l'État ne se « réserve » par téléphone. Un installateur sérieux laisse le temps de comparer et remet un devis détaillé, sans exiger de signature le jour même. Le délai de rétractation de 14 jours s'applique à tout contrat conclu à domicile. Enfin, la qualification RGE se vérifie en quelques secondes sur l'annuaire officiel de France Rénov'.
Financer le reste à charge après les aides
Aucune aide ne couvre la totalité du coût d'une installation solaire. Le reste à charge se finance selon la nature de l'équipement. Pour le solaire thermique, qui entre dans le périmètre des travaux d'économies d'énergie, l'éco-prêt à taux zéro reste la solution la moins coûteuse : aucun intérêt, pas de condition de ressources, et un plafond relevé pour les bouquets de travaux. Pour ce prêt, la fiche sur l'éco-prêt et son périmètre réel précise les travaux admis.
Le solaire photovoltaïque seul n'entre pas dans le périmètre de l'éco-prêt, car il produit de l'électricité sans réduire la consommation du bâtiment au sens réglementaire. Il se finance par un crédit vert, un prêt affecté à taux préférentiel proposé par la plupart des banques pour les équipements de transition énergétique. Le taux est généralement inférieur à celui d'un crédit à la consommation classique, avec une durée calée sur le retour sur investissement de l'installation. Grâce à cette mensualité étalée, l'économie réalisée sur la facture d'électricité couvre une part croissante de l'échéance à mesure que les panneaux vieillissent et que le prix de l'énergie évolue.
Le tiers financement constitue la troisième voie. Un opérateur installe et détient les panneaux, le particulier achète l'électricité produite à un tarif contractuel pendant dix à vingt ans. La formule supprime l'apport initial, mais elle transfère aussi la prime et le revenu de la vente du surplus à l'opérateur. Les clauses de sortie et la révision du tarif méritent une lecture attentive avant signature : notre analyse de la location de panneaux solaires sur vingt ans chiffre ce que cette facilité coûte réellement.
Pour les locaux professionnels, le régime change encore : amortissement comptable, récupération de la TVA, guichet tarifaire propre aux puissances intermédiaires. Les spécificités du photovoltaïque en entreprise justifient une étude distincte de celle d'un projet domestique.
Cumuler les aides aux panneaux solaires, vos questions
- Peut-on cumuler la prime à l'autoconsommation et MaPrimeRénov' ?
- Non, car les deux dispositifs ne visent pas le même équipement. La prime à l'autoconsommation concerne le solaire photovoltaïque, MaPrimeRénov' le solaire thermique. Un projet mixte, associant des capteurs thermiques pour l'eau chaude sanitaire et des panneaux photovoltaïques, permet en revanche de mobiliser les deux sur des lignes de devis séparées.
- La prime est-elle versée avant ou après les travaux ?
- Pour un dossier déposé avant le 5 juin 2026, après. Elle est déclenchée par la signature du contrat d'obligation d'achat, qui suit la mise en service de l'installation. Le particulier avance donc la totalité du coût, puis reçoit la prime lors de la première facturation annuelle de son surplus.
- Faut-il obligatoirement revendre son surplus pour toucher une aide ?
- Pour le photovoltaïque, oui. Une installation en autoconsommation totale, sans injection sur le réseau, n'ouvre droit à aucune prime. Ce choix peut néanmoins rester pertinent si le taux d'autoconsommation est très élevé, par exemple avec une batterie de stockage ou une pompe à chaleur pilotée sur la production : les panneaux servent alors uniquement à réduire la facture, sans aucun revenu de vente.
- Un logement en location est-il éligible ?
- Oui. Un propriétaire bailleur bénéficie de la vente du surplus et de la TVA réduite comme un propriétaire occupant, et des aides de rénovation, sous réserve de respecter les engagements de location associés à certains dispositifs. Le locataire, lui, ne peut pas déposer de demande sur un équipement qui modifie le bâti.
- Les aides locales sont-elles cumulables avec les dispositifs nationaux ?
- Dans la quasi-totalité des cas, oui, à condition de déposer la demande auprès de la collectivité avant la signature du devis. Certaines aides régionales plafonnent toutefois le cumul à un pourcentage du montant des travaux, tous financements publics confondus.
- Mon dossier a été déposé avant le 5 juin 2026 : vais-je toucher la prime ?
- Oui. La prime reste due pour les installations dont la demande de raccordement complète a été déposée avant la suppression. Elle est versée selon les modalités prévues au moment de la demande, par l'acheteur obligé.
















