Accéder au contenu principal
Financière énergie

Prime à l'autoconsommation, montant par kWc, versement et fin du dispositif

Prime à l'autoconsommation, montant par kWc, versement et fin du dispositif

Aucune prime autoconsommation n'est versée pour une installation photovoltaïque dont la demande de raccordement a été déposée depuis le 5 juin 2026 : l'arrêté du 1er juin 2026 a mis fin à cette subvention des panneaux solaires. Les dossiers plus anciens restent éligibles : la prime, calculée par kilowatt-crête (kWc) de puissance, est versée par EDF OA après un an de production.

  • Demande de raccordement déposée avant le 5 juin 2026 : la prime reste due, au barème en vigueur à la date de la demande complète.
  • Dernier barème pour une installation résidentielle jusqu'à 9 kWc : 80 € par kWc installé.
  • La prime est versée par EDF OA après la mise en service, avec le contrat de vente du surplus.
  • Depuis juin 2026, seul le tarif d'achat du surplus rémunère encore l'autoconsommation avec vente.

Comment fonctionnait la prime à l'autoconsommation ?

La prime à l'autoconsommation était une aide à l'investissement réservée aux installations de panneaux solaires photovoltaïques en autoconsommation avec vente du surplus. Le principe : le particulier ou l'entreprise consomme l'électricité produite par ses panneaux au fil de la journée, et la production non consommée part sur le réseau, achetée par EDF OA au titre de l'obligation d'achat. En contrepartie de ce contrat, l'État finançait une partie de l'installation photovoltaïque par une prime fixe par kWc de puissance.

Le dispositif reposait sur l'arrêté tarifaire du 6 octobre 2021, dit « S21 », modifié à plusieurs reprises. La Commission de régulation de l'énergie publiait chaque trimestre les montants applicables, qui baissaient au fil des trimestres à mesure que le prix des modules photovoltaïques reculait. Le montant retenu pour une installation était celui du trimestre de sa demande complète de raccordement, et non celui de la mise en service : c'est cette date qui fixait les conditions pour toute la durée du contrat.

L'autoconsommation totale, sans revente, n'ouvrait pas droit à la prime : l'aide était liée au contrat d'achat du surplus. Pour comprendre les autres montages possibles, notre guide sur l'autoconsommation photovoltaïque et ses modes de fonctionnement compare autoconsommation totale, avec vente du surplus et vente totale.

Quel est le montant de la prime par kWc ?

Le kilowatt-crête correspond à la puissance maximale qu'un panneau solaire délivre dans des conditions standard d'ensoleillement : un panneau récent de 400 à 500 watts-crête, une toiture de logement de 8 à 15 panneaux pour 3 à 6 kWc. La CRE révisait le barème trimestriellement, sur une formule fixée par le ministère chargé de l'énergie. Le montant de la prime se calculait simplement : puissance de l'installation en kWc multipliée par le tarif par kWc de la tranche. Le barème distinguait trois tranches de puissance, et le montant était plafonné par la puissance réellement installée sur la toiture. Voici les derniers montants publiés avant la suppression, pour les demandes de raccordement du premier semestre 2026.

Puissance de l'installationPrime par kWcProfil type
Jusqu'à 9 kWc80 €/kWcMaison individuelle, particulier
De 9 à 36 kWc140 €/kWcGrande maison, exploitation agricole, petit professionnel
De 36 à 100 kWc70 €/kWcEntreprise, bâtiment tertiaire, collectivité

Exemple chiffré sur ce barème : une installation solaire de 3 kWc donnait 3 × 80 = 240 € de prime, une installation de 6 kWc donnait 480 €. Pour mesurer la baisse, la même tranche jusqu'à 9 kWc était encore à 260 € par kWc début 2024 : une installation de 3 kWc touchait alors 780 €. La prime pesait donc de moins en moins dans le retour sur investissement d'un projet solaire, bien avant sa fin.

Ces montants ne s'appliquent qu'aux dossiers déposés à ces dates. Un particulier qui a fait sa demande de raccordement plus tôt doit retrouver le barème du trimestre concerné, indiqué dans son contrat d'achat ou sur son espace client EDF OA.

Quand la prime est-elle versée, et par qui ?

La prime est versée par EDF OA, l'acheteur obligé, et non par l'installateur ni par le fournisseur d'électricité. Elle n'est pas une avance : aucun versement n'intervient avant la mise en service et la signature du contrat d'achat du surplus. Pour une installation de particulier jusqu'à 9 kWc, la prime est versée en une seule fois, un an après la mise en service, avec la première facture de vente du surplus. Pour les puissances supérieures, le versement a longtemps été étalé sur cinq ans (80 % la première année, puis le solde par tranches annuelles) ; la règle applicable dépend de la date du contrat, qu'il faut relire.

En pratique, le producteur ne fait pas de demande séparée : la prime est rattachée au contrat. Il crée son espace producteur sur le portail d'EDF OA, émet sa facture de production à la date anniversaire, et le montant de la prime y figure. Un oubli de facturation retarde le versement, sans le supprimer.

Pourquoi la prime n'est-elle pas encore arrivée ?

Les causes les plus fréquentes : la première année de production n'est pas écoulée, le contrat d'achat n'est pas encore signé, la facture annuelle n'a pas été émise sur l'espace EDF OA, ou l'attestation de conformité manque au dossier. Avant de réclamer, vérifier la date de mise en service indiquée par Enedis et l'état du contrat sur l'espace producteur.

Quelles étaient les conditions pour bénéficier de la prime ?

Pour obtenir la prime, l'installation devait remplir toutes ces conditions, appréciées à la date de la demande de raccordement :

  • une puissance de l'installation inférieure ou égale à 100 kWc ;
  • des panneaux posés sur une toiture, un bâtiment, un hangar ou une ombrière, jamais au sol ;
  • une pose réalisée par un installateur professionnel qualifié RGE (reconnu garant de l'environnement), avec une qualification photovoltaïque ;
  • un régime d'autoconsommation avec vente du surplus et un contrat d'achat de 20 ans avec EDF OA ;
  • une demande complète de raccordement déposée auprès d'Enedis ou de la régie locale.

Aucune condition de revenu n'était exigée : contrairement à MaPrimeRénov', la prime ne dépendait pas des revenus du ménage. Un particulier, une entreprise, une exploitation agricole ou une collectivité pouvaient en bénéficier dans les mêmes conditions de puissance.

Quand la prime à l'autoconsommation a-t-elle été supprimée ?

L'arrêté du 1er juin 2026, qui modifie l'arrêté tarifaire S21, a mis fin à la prime autoconsommation. Il est entré en vigueur après sa publication au Journal officiel du 4 juin 2026 et s'applique aux demandes de raccordement déposées depuis le 5 juin 2026. La date qui compte est celle de la demande complète de raccordement, pas celle de la signature du devis ni celle de la pose des panneaux.

Deux situations en découlent. Une installation dont la demande de raccordement était complète avant le 5 juin 2026 garde son droit à la prime, au montant de son trimestre. Une installation déposée depuis cette date n'a plus d'aide à l'investissement : seul le tarif d'achat du surplus reste, fixé à 1,1 c€ par kWh sur 20 ans pour les petites installations, un tarif de rachat qui rémunère très peu l'électricité injectée. Pour les installations jusqu'à 9 kWc, la vente totale n'est plus possible : le contrat ne porte que sur le surplus.

Demande de raccordementPrime à l'investissementRevente du surplus
Avant le 5 juin 2026Oui, au barème du trimestre de la demandeTarif d'achat fixé par le contrat, 20 ans
Depuis le 5 juin 2026Non1,1 c€/kWh, surplus seulement jusqu'à 9 kWc

Quelles aides pour l'autoconsommation en 2026 ?

Sans prime, la rentabilité d'une installation photovoltaïque repose sur l'électricité que l'on ne paie plus au fournisseur. Chaque kWh consommé sur place évite l'achat d'un kWh au tarif de la facture, alors que chaque kWh vendu ne rapporte que le tarif de rachat. Le calcul change donc de nature : l'objectif n'est plus de vendre, mais d'augmenter son taux d'autoconsommation.

Plusieurs leviers restent en vigueur pour le particulier :

  • la TVA réduite sur les installations de petite puissance posées par un professionnel, dont les conditions sont détaillées dans notre article sur les aides aux panneaux solaires, primes et TVA ;
  • les aides locales de certaines régions, départements ou communes, à vérifier auprès de l'espace conseil France Rénov', service public gratuit d'information ;
  • le décalage des usages (ballon d'eau chaude, lave-linge, recharge du véhicule) vers les heures de production solaire ;
  • le stockage, dont l'intérêt financier se mesure au cas par cas.

Pour une entreprise, l'investissement dans le solaire se raisonne aussi par l'amortissement et la consommation de jour, souvent mieux alignée sur la production. Les installations plus grandes passent, au-delà de certains seuils, par des appels d'offres de la CRE. L'autoconsommation collective, qui partage la production entre plusieurs consommateurs voisins, est un autre montage à étudier dans un immeuble ou une zone d'activité.

Peut-on cumuler la prime avec MaPrimeRénov' ou d'autres aides ?

Le panneau photovoltaïque n'a jamais été un équipement éligible à MaPrimeRénov' : cette aide finance des travaux d'isolation, de chauffage ou d'eau chaude, selon des règles resserrées au 1er septembre 2026, jamais la production d'électricité. Le solaire thermique (chauffe-eau solaire, système solaire combiné) relève en revanche de MaPrimeRénov' et des certificats d'économie d'énergie, car il réduit la consommation de chauffage ou d'eau chaude du logement. Un même foyer pouvait donc toucher la prime autoconsommation pour ses panneaux photovoltaïques et MaPrimeRénov' pour d'autres travaux de rénovation, chaque dispositif ayant ses propres modalités.

La prime se cumulait également avec la TVA réduite et avec l'exonération d'impôt des petites installations. Les démarches restaient distinctes : dossier de raccordement et contrat d'achat pour la prime, dossier France Rénov' pour les travaux énergétiques. Le gouvernement a supprimé la première, pas les secondes : les aides aux travaux de rénovation énergétique du logement continuent de suivre leur propre évolution.

Faut-il encore installer des panneaux solaires sans la prime ?

La prime représentait une part modeste du coût d'une installation à la fin du dispositif : avec 80 € par kWc, elle couvrait une petite fraction du devis d'un kit résidentiel posé. Sa disparition pèse donc moins sur la rentabilité que la baisse du tarif d'achat du surplus. Ce qui décide désormais, c'est la part de production consommée sur place.

Une installation dimensionnée sur la consommation de jour du logement, plutôt que sur la surface de toiture disponible, limite le surplus mal rémunéré. Une batterie peut augmenter l'autoconsommation, mais son coût allonge le temps de retour : notre analyse sur la batterie de stockage solaire et son seuil de rentabilité aide à trancher. Demander plusieurs devis à des installateurs RGE, avec une simulation de production et de taux d'autoconsommation, reste la seule façon de juger un projet solaire sur des données réelles. La transition énergétique d'un foyer se joue désormais davantage sur la consommation que sur la vente d'énergie verte.

Questions fréquentes sur la prime autoconsommation

Qui verse la prime à l'autoconsommation ?

EDF OA, l'organisme chargé de l'obligation d'achat, verse la prime avec la facture de vente du surplus. Ni l'installateur ni Enedis ne la paient.

Puis-je encore obtenir la prime si mes panneaux sont posés après juin 2026 ?

Oui, si la demande complète de raccordement a été déposée avant le 5 juin 2026 : c'est cette date, et non celle de la pose, qui ouvre le droit à la prime.

La prime est-elle imposable pour un particulier ?

Pour une installation de particulier jusqu'à 3 kWc raccordée en deux points au plus, les revenus de la vente du surplus sont exonérés d'impôt sur le revenu. Au-delà, la question fiscale se pose et mérite une vérification auprès du service des impôts avant la déclaration.

À lire aussi

D’autres pistes de lecture

▲